Soutien à la filière palmipède suite à l’épizootie H5N8 (2e crise avicole) (P. Mallet)

En février 2017, Pierre Mallet intervient pour demander des éclaircissements sur les enveloppes d’accompagnement à la biosécurité, et demande des aides pour la filière amont palmipède et volaille, touchée elle aussi par le virus H5N8 

J’ai quelques questions ..

Pourrait-on avoir un peu de visibilité sur la consommation de la première enveloppe d’accompagnement sur la biosécurité ? Lors du premier épisode qui a eu lieu il y un an et demi, il y a eu des dossiers de biosécurité. Il serait intéressant de savoir où l’on en est au niveau de cette consommation.

Ensuite, on ne peut qu’être favorable à la proposition qui est faite aujourd’hui pour accompagner cette filière qui – vous l’avez dit – va très très mal. Monsieur le Président avait dit l’an dernier que c’était l’or noir des Landes. J’avais dit à l’époque qu’il était très difficile d’être du mauvais côté de la pompe et je vous le confirme aujourd’hui.
Il est très bien d’accompagner la biosécurité, mais ce qui me fait peur, c’est de ne plus avoir de gens suffisamment motivés pour investir une nouvelle fois puisqu’on n’a pas pu produire une année entière. Je parle de production au sens large et il n’est pas question pour moi de parler de petits, de grands, de filières longues ou courtes.

J’aurais une question sur l’additif au rapport. J’y suis tout à fait favorable, mais pourquoi l’amont de la filière est-il exclu du dispositif, dans la mesure où le monde avicole a beaucoup évolué ces dernières années et où il y a beaucoup d’employeurs de main-d’oeuvre en amont ? Je ne vois pas pourquoi on accompagne l’aval et pas l’amont.

Comme vous l’avez très bien souligné, l’amont est touché depuis déjà pratiquement deux mois. Les dossiers auprès de la DIRECCTE sont faits, finalisés et validés. Je ne comprends pas pourquoi il existe ce différentiel entre les deux. Je pense qu’il serait bien de rajouter l’amont à l’aval.

Ensuite, sur la prise en charge des analyses, le Département voisin a également fait cette démarche. Je crois que le Gers a pris la décision de prendre en charge directement l’intégralité des analyses et je crois que cela représente une enveloppe de 100 000 € par an. Là, si j’ai bien compris, ce serait un accompagnement, un subventionnement, mais non une prise en charge directe. Je voudrais avoir une explication.

Pour ce qui est de l’accompagnement des trésoreries, je pense que vous avez peut-être des informations que nous n’avons pas. J’aimerais savoir comment vous pouvez imaginer cet accompagnement en matière de trésorerie, dans la mesure où, par rapport au première épisode où l’on a eu un arrêt brutal de la production, un vide sanitaire et un redémarrage, ce qui permettait à tous les entrepreneurs de pouvoir se projeter et de savoir exactement quand leur exploitation pouvait redémarrer, aujourd’hui – je parle sous votre contrôle – personne ne sait quand cela va s’arrêter. Donc, personne ne sait quand on va pouvoir redémarrer. Si cela dure encore un ou deux mois, les trésoreries qui sont déjà exsangues ne seront plus des trésoreries, mais des trous sans fond.

Merci pour vos réponses.

Mme Laffitte – À la première question sur le nombre de dossiers, nous en avons 379 au titre de la biosécurité 2016, un montant d’investissement de 9 M€ et notre aide est de 3,5 M€.

À la question des 2 €/heure pour les exploitations agricoles où il y a de 
l’activité partielle, c’est la même réponse que l’année dernière : étant donné que l’exploitant va avoir des remboursements sur sa perte d’exploitation, il faut que l’on vérifie qu’un remboursement ne soit pas ensuite réclamé par l’Europe. Il faut voir cela par rapport au statut juridique.
Pour les analyses, on vous propose aujourd’hui une solution. On sait que des protocoles vont être mis en place parce qu’il n’y a pas que de l’investissement qui sera prévu ; tout le schéma d’organisation de la production va être revu. On sait qu’il y aura des propositions d’analyses systématiques sur les lots avant de mettre en gavage ou avant d’envoyer à l’abattage. A ce moment-là, on étudiera un dispositif d’aide aux analyses. Ce sera dans la pérennité du dispositif. Aujourd’hui, il n’est pas mis en place.
En ce qui concerne les difficultés de trésorerie, Monsieur le Préfet a mis en place un groupe de travail avec les banques. Deux situations sont différenciées. D’une part celles liées à la conjoncture de l’Influenza aviaire. Ce qui est demandé aux banques, c’est qu’à partir du moment où l’exploitant a l’attestation de l’Etat du montant d’indemnisation qu’il va toucher, les prêts de trésorerie ne lui soient pas refusés. Là, nous intervenons sur le port des intérêts.

Pour les situations structurelles, c’est-à-dire des exploitations qui étaient 
déjà en difficulté et pour lesquelles la crise influenza n’a rien arrangé, des outils existent déjà : les dossiers Agridiff, etc., qui seront étudiés. On peut comprendre que les banques soient un peu réticentes, mais ce sont des dossiers qui seront étudiés à part. Tout dossier refusé par une banque doit être transmis et évoqué lors de ces commissions.

Je pense avoir répondu à l’ensemble de vos questions.

[…]

Motion de soutien à la filière palmipède à foie gras

Tout le monde connaît ma position aujourd’hui. Je pense qu’on a essayé ce système préventif et […] on voit aujourd’hui que cela va peut-être un peu plus vite. La solution, personne ne l’a, mais aujourd’hui, en plus de ne pas avoir la solution, on n’a pas de visibilité et c’est ça le pire parce que, quand on a une entreprise – pour moi, une exploitation, c’est une entreprise – et que l’on ne sait pas où l’on va, on a déjà eu une année difficile et ce n’est pas la peine d’en avoir deux… Cela va au-delà de l’exploitation. Je le dis régulièrement : l’agriculture est le premier employeur de main-d’oeuvre au niveau du département et une exploitation fait vivre directement ou indirectement pratiquement 15 personnes. Aujourd’hui, il y a beaucoup de dommages collatéraux que l’on ne mesure pas réellement.

J’ai eu l’occasion de le dire dans ma commune : tout le monde dans ce département, directement ou indirectement, sera touché par cette crise. Il faut donc être réactif. Tout ce qui sera fait dans ce sens aura mon aval, mais je voulais vous alerter parce que, comme l’a dit Odile LAFITTE, il y aura les analyses, ce sera très bien, et je suis de ceux qui demandent qu’elles soient obligatoires, mais je rappelle juste que le coût d’une analyse, pour ce qui était évoqué, ce sera pratiquement 30 % de la marge actuelle. Il faut que chacun ait les chiffres en tête. C’est énorme.

J’espère vraiment que l’on va rebondir le plus rapidement possible pour l’ensemble des Landais parce qu’on en a besoin. C’est quand même un des piliers de notre Département. Merci.