Est-il opportun de construire un collège à Angresse? (A-M. Dauga)

Entrée d'Angresse (source Google StreetView)

Entrée d’Angresse

Dans le cadre de l’examen de la DM2 en novembre 2016, Anne-Marie Dauga, conseillère départementale Couleurs Landes, a exprimé de fortes réserves quant au choix de créer prochainement un nouveau collège à Angresse (canton du Marensin Sud).

Cela a amené le groupe Couleurs Landes à s’abstenir sur ce point. Il ne s’agissait pas là de remettre en cause la gestion des collèges dans le département des Landes, ni de remettre forcément en cause la création du collège à long terme. Il s’agissait, surtout, de demander un report des AP/CP (autorisations de programme et crédits de paiement). Pour une question de bon sens, et de bonne gestion de l’argent public.

 

Intervention d’Anne-Marie Dauga sur le collège d’Angresse

 

Monsieur le Président,

Le Conseil Départemental a fait le choix de lancer un projet de construction d’un collège sur la commune d’Angresse. Si les études prennent un peu de retard comme l’indique cette délibération, le projet avance, la modification du PLU (plan local d’urbanisme) de la commune d’Angresse étant en cours, et l’enquête publique achevée.

Néanmoins, ce projet amène une double interrogation de notre groupe.

  • D’une part sur la temporalité du projet
  • D’autre part sur sa localisation à Angresse

Sur la temporalité

Le sud des Landes est une région qui connaît une croissance démographique importante de 2,5% sur les 10 dernières années. En toute logique, on pourrait supposer qu’il faut davantage de collèges, qu’il existe un besoin. Or, il n’en est rien, car la population de MACS vieillit.

En effet, si on regarde en détail les chiffres, on voit que le solde naturel se situe entre 0 et 0,1%, c’est-à-dire que la population de MACS (Maremne Adour Côte Sud) ne croît pas naturellement, et la part des moins de 30 ans diminue.

Au regard de cette incertitude démographique, est-il opportun de lancer un projet de collège? Nous pourrions comprendre le projet du département de réaliser de la réserve foncière pour un futur collège dans 20 ou 30 ans, mais il apparaît inopportun de lancer un projet actuellement.

Depuis 5 ans, le nombre de collégiens dans les collèges du secteur (Capbreton, St-Vincent-de-Tyrosse, Soustons, St-Geours-de-Maremne) a diminué : quasiment -2% en 5 ans. À Soustons, on est à -6%, à Capbreton -12%.
Alors que le nombre de collégiens diminue, que les chiffres dans la durée indiquent une stabilité voire une baisse du nombre de jeunes, est-il utile de construire un nouveau collège?

Sur la localisation à Angresse

Je vous invite à lire le Programme Local de l’Habitat rédigé par MACS, en janvier dernier. Celui-ci dresse des perspectives d’évolution de population et de logement sur MACS, et le projet de collège apparaît contradictoire avec les conclusions de celui-ci.
L’indice de jeunesse de l’intercommunalité est de 0,76, soulignant une population âgée (page 39 du PLH, version novembre 2015 – PDF 9 Mo).
Ainsi vous pouvez lire à cette page 39 du PLH (programme local de l’habitat) : « seules les communes situées à l’Est du territoire ont un indice de jeunesse supérieur à 1, allant jusqu’à 1,5 pour Josse. Elles accueillent davantage des familles avec enfants. »
Cela est confirmé par le fait que seul le collège de St-Geours-de-Maremne voit ses effectifs croître. Dès lors, pourquoi faire un collège à Angresse si ce n’est pas là que se situe le besoin?

Nous pensons qu’il n’est pas opportun de lancer un projet de construction à Angresse dès à présent. Le risque est de voir un nouveau collège siphonner les effectifs des collèges alentours, c’est-à-dire de déshabiller Pierre pour habiller Paul. Alors que les ressources se font rares, que les collectivités tout autant que l’Éducation Nationale doivent gérer au mieux les ressources et surtout les optimiser, nous risquons d’investir dans un équipement sous utilisé.

Les chiffres sont irréfutables. Il n’y a pas de besoin de collège, actuellement, dans tous les cas pas sur Angresse. À moins que ce projet n’ait pas vocation à répondre à un besoin mais plutôt à contenter son maire.