Implantations de golfs dans les Landes (L. Camblanne, G. Darrieussecq)

Lionel Camblanne intervient en séance de DM2 (décision modificative numéro 2), en octobre 2015, pour avoir des éclaircissements sur le contesté projet de Tosse.
Puis Geneviève Darrieussecq demande des éclaircissements au président du Conseil Départemental sur la vision stratégique du département en terme de développement touristique.

 

S’agissant du dossier relatif à l’accompagnement pour l’étude du complexe résidentiel et touristique à dominante golfique de Tosse, il est vrai que le montant est assez dérisoire par rapport au million qui a déjà été engagé en terme d’études par le Syndicat Mixte Landes Océanes, mais étant donné que justement le donneur d’ordres est, dans ce cas-là, le Conseil départemental, ne serait-il pas pertinent d’élargir la mission de ce cabinet de conseil et notamment d’intégrer une étude qui concernerait la mise aux normes des équipements existants ?
On voit avec plaisir qu’il y a un golf qui est en bonne voie du côté de Dax. C’est très bien pour l’activité touristique de la Ville de Dax. A côté de cela, on voit que l’activité des golfs existants n’est pas très florissante. On a, dans ce dossier, page 350, le rapport d’activité du golf de Moliets qui n’est pas très bon. Moi-même, je connais assez bien l’activité du golf de Seignosse qui est présenté comme un concurrent de Moliets. Son activité n’est pas très florissante non plus.
Je pense que les golfs existants souffrent aujourd’hui d’un vrai problème d’équipement et de performance. Peut-être vaudrait-il mieux miser sur les équipements existants, si la volonté générale, en termes de développement touristique et économique, reste une vision golfique.

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Je suis contre une mission qui se focalise uniquement sur le golf de Tosse, notamment lorsqu’elle est mandatée par le Conseil départemental. Je serais favorable à avoir une vision élargie. Avoir la seule vision « golf de Tosse » me semble beaucoup trop restrictif.

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Je suis tout à fait d’accord sur la nécessité de mettre en avant des points d’attractivité. Nous sommes tous d’accord sur ce sujet. La problématique est la priorisation des investissements. Sur notre territoire, il y a des équipements qui, aujourd’hui, sont à la traîne et qu’il faudrait peut-être prioriser. C’est le fond de notre position.

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Geneviève DARRIEUSSECQ : Je cherche quelle est la stratégie de développement touristique. J’ai compris que c’était faire du neuf, aller dans le golf, qu’il y avait aussi la Ryder Cup, mais regardons à l’échelle de notre territoire. Dans les Pyrénées-Atlantiques, la Côte Basque : 6 golfs. Dans le sud des Landes, nous avons 3 golfs de 18 trous et plus. Si je regarde les distances, Seignosse-Tosse : 10 km, Seignosse-Hossegor : 6 km, Tosse-Moliets : 20 km. Sur un petit périmètre de 10 km de circonférence, nous aurons tous les golfs du département… Je n’ai pas la prétention de connaître parfaitement le golf et les destinations golfiques, mais je connais un peu quand même la façon dont cela se passe. Dans une destination golfique, le touriste arrive en avion, va dans un hôtel et ensuite, pendant 5 jours, fait un golf par jour. Il n’a pas peur de faire 15, 20, 30 minutes de voiture le matin pour rejoindre son golf et autant le soir. Cela se joue en général sur des lieux différents.

Ce que je trouve très pertinent, c’est ce golf de Dax qui est en gestation depuis 10 ans – je suis d’accord avec vous, Monsieur le Maire de Dax, c’est une gestation longue – et pourquoi la stratégie n’aurait-elle pas été de porter le projet et d’aider un investisseur privé au niveau de Dax, sachant qu’il y a aussi à Dax le projet de rénovation du Splendid pour en faire un hôtel de remise en forme, de tourisme de haut niveau, etc. Nous avions donc, sur le territoire, l’occasion de mettre en oeuvre ce qui est un peu demandé par la Ryder Cup en question, plutôt que de créer un autre lieu. C’est ce que je pense personnellement.
Vous allez me dire que je retarde, que je ne suis pas dans l’air du temps. Je pense que nous devons passer à des stratégies de développement différentes, dans un siècle où l’environnement va être un enjeu majeur qui va conditionner le développement. On sait que les golfs consomment de l’espace, qu’ils ne sont pas dans les credo de l’environnementalement correct, car il faut beaucoup d’arrosage. Je sais qu’il y a de l’eau sur place, mais les notions de développement durable sont quand même un peu écornées.
Nous avons tout de même besoin d’une destination golfique qui a du sens. Il y a des golfs à restaurer, comme l’a dit Lionel CAMBLANNE, et peut-être même à relancer. Je suis désolée, la restauration ce n’est pas forcément un cataplasme sur une jambe de bois ou des rustines. Au contraire, cela peut être fortement structuré et très porteur pour le territoire, et il y a déjà un projet à Dax. Donc, un projet supplémentaire me paraît disproportionné, je vous le dis, Monsieur le Président, et je ne comprends pas quelle est la stratégie, sinon d’avoir des financements de la Ryder Cup que nous aurions pu potentiellement mettre sur d’autres infrastructures, comme je viens de vous le dire.